2014-02-14

 

La première sélection du Grand Prix de l'Imaginaire 2014

Ma nouvelle « Trois relations de la fin de l'écrivain » figure dans la première sélection du Grand Prix de l'Imaginaire 2014.  Elle est parue l'an dernier dans l'anthologie Utopiales 2013 à l'occasion de mon invitation par le festival des Utopiales à Nantes.  Je suis évidemment ravi par cette sélection, car cette seule anthologie comportait d'excellents textes par les autres auteurs francophones (en particulier ceux de Beauverger, Debats, Lainé et Moreno).  Toutefois, il convient de souligner qu'il ne s'agit que d'un premier tour.  Le second tour des sélections accouchera d'une liste des finalistes (ou nominés) en avril.  Le dernier tour permettra à tout le monde d'apprendre les gagnants durant le festival des Étonnants Voyageurs à Saint-Malo du 7 au 9 juin.

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2014-02-01

 

Un film de science-fiction canadien très québécois

Le film L'Effet (2013) de Jocelyn Langlois, qu'il a lui-même scénarisé avec sa conjointe Catherine L. Allard et André Morency, est un film à petit budget.  Sans surprise, les critiques ont fait mine d'ignorer que c'était un film de science-fiction, en parlant de post-apo ou de road movie.  Oui, c'est un road movie post-apocalyptique, qui rappelle beaucoup à certains égards le Ravage de Barjavel, les éléments réactionnaires en moins.  Un matin, toute l'« énergie » du monde disparaît.  Si, à l'époque de Barjavel, c'était déjà faire preuve d'une inculture scientifique certaine que de supposer possible la disparition spontanée de l'électricité (une manifestation de l'électromagnétisme à la base de la plupart des phénomènes du monde vivant, entre autres) sans autre effet sur l'humanité que de lui faire redécouvrir les vertus de la saine vie des campagnes, les scénaristes de L'Effet font encore plus fort.  Non seulement tout ce qui est électrique ne fonctionne plus, mais les voitures ne démarrent plus et rien n'indique, il me semble, que des débrouillards arrivent à faire fonctionner par la suite des machines à vapeur ou des mécanismes équivalents.  Bref, résumons en disant que tout ce qui est plus compliqué qu'un batteur à œufs — aux yeux, sinon du commun des mortels, du moins des « littéraires » de ce monde — cesse de fonctionner parce qu'il le faut pour l'histoire.  Par conséquent, notre héroïne pourra traverser le Canada à bicyclette.

Comme road movie, ce n'est pas Mad Max, mais plutôt Good Max.  Le film imagine que l'effondrement de la civilisation technologique entraîne un renouveau de la solidarité et de l'entraide entre les gens ordinaires, à quelques (très) rares exceptions près.  Seulement, l'héroïne (jouée par Catherine L. Allard) est bloquée à Québec tandis que son amoureux (joué par Jocelyn Langlois) était parti en Colombie-Britannique.  Un ami arrivé de l'Ouest apprend à la jeune femme que son amant a disparu après l'incendie de son hôtel.  Elle décide donc de partir à sa recherche et c'est le début d'une équipée à bicyclette, en voilier, à cheval, à pied, de part en part du Canada.  (Enfin, en pratique, elle n'aura couvert qu'un peu plus de la moitié de la distance, de Québec à la frontière de la Colombie-Britannique.)

La traversée du Canada vaut par les rencontres (en général, positives) que fait l'héroïne, par les paysages qu'apprécieront tous ceux qui ont déjà parcouru avec plaisir la Transcanadienne et par ses conversations avec des voyageurs qui ont réfléchi au sens de la catastrophe ou de la vie.  L'apocalypse est après tout extrêmement gentillette : il n'est pas vraiment question des gens qui seraient morts sans stimulateur cardiaque et de la moitié de la population mondiale dont l'alimentation dépend d'engrais synthétiques, sans parler de la productivité agricole qui dépend de l'utilisation de machines.  (En gros, sans « énergie », la population du globe serait sans doute condamnée à tomber de 7-8 milliards à moins de deux milliards.  Sacrée hécatombe en vue!)  Certes, il s'agit en partie d'une parabole sur la technologie trop aliénante, mais le film essaie quand même de jouer sur les deux tableaux en mettant en scène une aventure sur le mode réaliste.

En regardant le film, je me suis demandé comment Langlois avait pu filmer des étendues désertes de la Transcanadienne.  Barrages policiers?  En fait, il semblerait qu'il ait simplement attendu les moments où il n'y avait pas de voitures.  Ce qui en dit long sur le Canada et la faiblesse relative de la circulation sur la Transcanadienne...  En raison aussi de ses moyens réduits, Langlois a fait jouer à des acteurs québécois des rôles d'anglophones ou d'étrangers, qui ont souvent une histoire à raconter.  Même s'ils parlaient très couramment l'anglais, pour la plupart, une oreille exercée pouvait quand même repérer une pointe d'accent québécois, ce qui nuisait à la crédibilité du film.

Certains des meilleurs moments du film arrivent à la fin, quand l'héroïne se rapproche de son but et apprend que son amoureux a également tenté de faciliter leurs retrouvailles.  Un meilleur scénario aurait sans doute mieux exploité cette dimension de l'histoire.  Si les acteurs jouent bien leur rôle, certains dialogues sonnent parfois un peu faux.

Néanmoins, pour un premier effort dans le genre, c'est extrêmement sympathique.  Et, franchement, comme il n'y a pas eu énormément de longs métrages québécois de science-fiction, on peut trouver que cette fable utopique se situe d'emblée parmi les meilleurs d'une catégorie qui inclut Truffe, Dans le ventre du dragon et Mars et avril.

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2013-12-01

 

Sur le chemin du retour

Les champs sont verts et les bestiaux d'un blanc crémeux au soleil de décembre, les vallonnements alternent avec les vieux clochers de pierre, les arbres dont les branches ne sont pas lestées de boules de gui conservent souvent encore un feuillage roussi ou jauni, les haies vues du train sont découpées au cordeau et les fûts des taillis alignés au GPS : je suis en France pour quelques heures de plus et nulle part ailleurs.

Si je fais la somme de mes voyages et séjours, je compte pour les onze mois de l'année en cours quelque chose comme 28-29 semaines à Québec, une dizaine de semaines à Ottawa, six semaines à Lyon, une petite semaine à Nice, une bonne semaine à Paris et une semaine bien fractionnée à Montréal.  Sans oublier les journées passées à Trois-Rivières, à Saguenay ou à Nantes en attendant celles de cette semaine à Toronto...

La Toussaint annonçait bien le mois qui a suivi, marqué par les deuils successifs des proches et des amis, les visites à l'hôpital ponctuées par la peur, l'espoir ou la résignation, une disparition en pleine nuit, un dernier retour à l'hôpital face au corps, les formalités, les funérailles et l'adieu aux cendres qui retournent à leur glèbe ancestrale.

La vie et la mort sont des processus biologiques.  Parfois, la mort s'impose à nous dans toute son évidence charnelle.  Parfois, nous arrivons à nous en cacher la nature en multipliant les vestes d'hôpital, les draps qui anticipent le linceul, le cercueil qui escamote le cadavre et le feu purificateur qui nous ramène à notre poussière d'origine — forgée au commencement de tout ou loin de nous par des étoiles mourantes, aspirée par une planète de passage et agglomérée pour un temps plus ou moins long par la biosphère terrestre afin de faire partie d'une grande circulation énergétique alimentée par l'éclat du Soleil.

Poussière d'étoile, poussière vivante : moi qui vois des éoliennes tourner à l'horizon, éclairées par un soleil d'automne et perchées sur une crête boisée, bruissante de vie, et vous qui me lisez en ce moment, nous jouisssons d'un rare moment de conscience dans notre parcours de poussière.  Nous le dépensons parfois à prolonger ce moment chez les autres, ou pour notre espèce, mais le dépensons-nous assez souvent pour nous-mêmes ?

La mort et ses rituels sont souvent l'occasion de repas dont l'apprêt dissimule également la nature des processus biologiques en cause.  Vin blanc ou vin rouge, haricots verts ou beurre, figues ou dattes, viande de porc ou pintade, pain avec ou sans levain...  nous communions avec toues les autres formes de vie quand nous nous repaissons de leur vie et aussi de leur mort.  Des animalcules de la fermentation aux bêtes de ferme, des racines ou graines des plantes jusqu'à leurs fruits, c'est l'interruption nécessaire de leurs existences qui prolonge la nôtre.  Le christianisme, en personnifiant ce cannibalisme du vivant, nous a éloignés d'une réalité matérielle et nous a coupés de ses profondeurs historiques.

Un mois s'achève, un autre débute.  L'année se terminera bientôt, le raccourcissement des jours nous rapprochant d'un point tournant.  De la Fête des lumières à Lyon, du 6 au 9 décembre, à la fête de Noël le 25 décembre, en passant par la fête de la Sainte-Lucie en Suède comme en Italie le 13 décembre, la lumière sera dépensée partout pour que son étalage prouve bien notre certitude de son retour et engage la mécanique même de l'Univers à nous la rendre pour une autre année.

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2013-11-24

 

La défunte

Rétrécie par la mort, sèche, sévère et belle,
fixant notre regard sans ouvrir les yeux
figeant nos mouvements comme un mot des dieux,
elle ne s'émeut plus de nos larmes rebelles

La bouche close et nue, la morte nous révèle
que le plus grand, plus dur silence en un lieu
enfle quand au langage on a dit adieu,
sa chair immobile étant l'unique nouvelle

Avant la fin, le désarroi serrait nos voix
Après, tout est jugé sans plus aucun pourvoi,
la vie se tait, les paroles ne sont que bruit

les bras des vivants nous consolent encore,
les joyeux souvenirs et tout l'amour d'autrui
pour que brille l'esprit une fois éteint le corps

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2013-11-21

 

Matin neigeux à Lyon


Chute en traits obliques déviés par le vent,
en larmes fondantes précipitées au sol,
en flocons voletants se posant sur le col :
Chute grise et froide, le ciel s'écaillant

Il neige sur des feuilles mortes trop souvent,
sur des chaussées dont pas un passant ne décolle,
sur un pays qui oublie la joie de l'envol :
Grimage blafard sur une nef dérivant,

comme la tristesse peut s'ajouter au deuil
avant même que ne se ferme le cercueil
quand les cœurs emmurés ne se disent plus rien.

Mais le soleil luira et la neige fondra,
comme un cœur pardonné peut renouer des liens
s'il attend le printemps quand tout reverdira.

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2013-10-30

 

Mon horaire utopique...

Non sans une pensée pour mes aïeux nantais, je m'installe aujourd'hui à Nantes pour une demi-douzaine de jours dans le cadre du festival des Utopiales dont les organisateurs ont eu la gentillesse de m'inviter.  Le programme actuel du festival est disponible (.PDF), même s'il reste sujet à des révisions toujours possibles.  Dans la version d'hier, j'étais encore prévu à deux endroits différents à la même heure le jeudi.  Faute d'avoir réussi à faire passer un de mes clones à la douane, je dois donc me retirer à regret de la table ronde sur la Culture d'Iain Banks.  Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un horaire modérément chargé (rien ne battra mon horaire à Anticipation 1 en 2009).

Selon le programme (et d'autres sources), je participerai aux activités suivantes (les descriptions ne sont pas de moi ; elles sont prises du programme) : 

Mercredi 30 octobre :

19 h (Centre des congrès) : Soirée inaugurale 

Jeudi 31 octobre :

12 h (Espace Shayol) : La nature est-elle un laboratoire ?
Vincent Callebaut, Éric Picholle, Jean Rebillat (animateur), Jean-Louis Trudel

L'observation de la Nature a été, depuis l'Antiquité, l'un des fondements de la méthode scientifique.  Puis, à la Renaissance, les savants isolés sont devenus laborantins, modifiant le cadre de la recherche. Qu'en est-il aujourd'hui ? Les scientifiques utilisent-ils la Nature comme un laboratoire ? La science-fiction peut-elle proposer une alternative ?

14 h (Scène Hetzel) : Grandeur et descendance(s) de la SF francophone
Ayerdhal, Jeanne-A. Debats (animatrice), Lucas Moreno, Jean-Louis Trudel, Natacha Vas-Deyres, Laurent Whale

Sous la houlette d'une grande spécialiste, auteurs et universitaires reviennent sur une histoire plus que centenaire, où le merveilleux se conjugue parfois à l'imparfait, mais dans laquelle chaque génération invente de nouvelles manières d'explorer d'autres mondes en francophonie, des deux côtés de l'Atlantique.

18 h (Espace Shayol) : L'homme est-il une espèce en voie de disparition ?
Denis Bajram, Peter Watts, Patrick Michel, Jean-Louis Trudel (animateur)

La science-fiction a imaginé mille fins pour l'humanité, décrivant parfois une Terre régénérée poursuivant seule sa course dans l'espace.  Mais, scientifiquement, l'homme est-il une espèce déjà menacée ? Saura-t-il échapper, par son intelligence et ses réalisations, à la loi de la Nature, selon laquelle il n'est pas d'espèce éternelle ? À moins qu'une collision avec la Terre ne mette fin aux rêves cosmiques de l'humanité...

18 h (Scène Hetzel) : La culture selon Iain Banks
Simon Bréan (animateur), Olivier Paquet, Yannick Rumpala, Jean-Louis Trudel

 Le cycle de la Culture de Iain Banks, auteur écossais parti trop tôt, n'est pas seulement une des œuvres majeures de la science-fiction. C'est aussi l'occasion de renouer avec l'utopie technologique et d'envisager autrement le futur social de l'humanité.  Regards croisés sur ce qui est déjà un héritage.

Vendredi 1er novembre :

13 h (Espace Shayol) : Quand la Nature contre-attaque!
Thomas Day, Jean-Marc Ligny, Valérie Masson-Delmotte, Ian McDonald, Jean-Louis Trudel (animateur)

Tempêtes, inondations, tremblements de terre, cataclysmes en tout genre. La nature semble avoir décidé de se rappeler aux bons souvenirs de l'humanité. Le GIEC a démontré l'impact environnemental de l'activité humaine, mais d'autres paramètres, d'autres échelles de temps, sont-ils à prendre en compte ?

15 h (Espace Shayol) : Vers une ville biomimétique
Vincent Callebaut, Michel Ida, Luc Schuiten, Daniel Tron (animateur), Jean-Louis Trudel

Le temps des villes « froides », quadrillant l'espace social est, depuis longtemps, dépassé.  Aujourd'hui, la ville doit être « chaude », vivante, et soumise aux rythmes de l'évolution, voire se diffuser sous forme de maisons énergétiquement autonomes.  Des quartiers s'ouvrent en corolles, des balcons se moissonnent, les toits se reboisent.  Les spécialistes de la question viennent nous parler de ces nouvelles cités fertiles.

16 h (Bar de Mme Spock) : Rencontre avec Jean-Louis Trudel
Estelle Blanquet (animatrice), Jean-Louis Trudel

Le Canadien Jean-Louis Trudel est un acteur important des littératures de l'Imaginaire : scientifique de formation, diplômé en histoire et philosophie des sciences, organisateur du congrès Boréal et anthologiste, il est surtout un auteur marquant (sous son nom et sous le pseudonyme de Laurent McAllister, qu'il partage avec son compatriote Yves Meynard).

18 h 45 - 19 h : Passage à l'émission de radio Le Labo des savoirs avec Éric Picholle et un animateur de la station sur le thème de la science-fiction dure. 

Samedi 2 novembre :

13 h 15 (Salle Dune) : Albator : corsaire de l'espace (2013), vostf

20 h (Espace Shayol) : Soirée de remise des prix

Dimanche 3 novembre :

12 h 30 (Espace Shayol) : Les nouveaux mondes du système solaire
Olivier Grasset, Roland Lehoucq, Jean-Louis Trudel (animateur), Peter Watts

Petit tour d'horizon des nouvelles connaissances scientifiques et de leur prise en compte par les auteurs de science-fiction sur les planètes du système solaire, en forme d'hommage à Arthur C. Clarke. Que peut-on dire, désormais, sur Mars, les satellites de Jupiter, Mercure ou encore les astéroïdes ? Quelles
perspectives pour les auteurs ?

Lundi 4 novembre (journée scolaire) :

10 h (Espace Shayol) : Rencontre avec Claude Ecken — Les savants fous de la science-fiction
Claude Ecken, Jean-Louis Trudel (animateur)

Claude Ecken, l'un des meilleurs nouvellistes français, est aussi l'un de ceux qui attache le plus d'importance à la science dans ses récits.  Il viendra raconter aux enfants comment l'image du savant fou a évolué jusqu'à être remplacée par celle du chercheur qui travaille à changer le monde.  Quand l'ancien «méchant » devient le nouveau « héros » !

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2013-10-04

 

Mon programme à Can-Con 2013

Cette fin de semaine, je suis au congrès de science-fiction Can-Con à Ottawa, ce qui m'empêchera d'assister aujourd'hui au lancement de Brins d'éternité 36, où j'ai une nouvelle.  En effet, j'ai un programme fort occupé à Can-Con, qui accueille aussi le congrès national canadien de science-fiction qui décernera les prix Aurora 2013.  Selon le dernier horaire (.PDF) en date, je serai présent aux événements suivants :

Vendredi, 19 h (Salle 3) : Marketing 101, avec Matt Moore (animateur), Caroline Fréchette, Linda Poitevin et Jean-Louis Trudel

Samedi, 9 h (Salle 2) : Assemblée générale annuelle de l'Association canadienne pour la science-fiction et le fantastique (Canadian Science Fiction and Fantasy Association)

Samedi, 12 h (Salle 2) : The Business of Writing, avec Suzanne Church (animatrice), Karen Dudley, Chadwick Ginther et Jean-Louis Trudel

Samedi, 13 h (Salle 3) : YA Fiction, avec Mike Rimar (animateur), Neil Godbout, Lory Kaufman et Jean-Louis Trudel

Samedi,16 h (Salle 2) : Advice on the Craft to Aspiring Writers, avec Violette Malan (animatrice), Geoff Gander, Tanya Huff et Jean-Louis Trudel

Samedi, 17 h (Salle 3) : Multiculturalism in Science Fiction, avec Matthew Johnson (animateur), avec Alice Black, David Hartwell, Laurent McAllister, Yves Meynard et Jean-Louis Trudel

Dimanche, 11 h (Reading Room) : Banquet des Prix Aurora

Dimanche, 13 h (Salle 3) : Making Predictions:  Looking into the Future as a Science Fiction Writer, avec Jean-Louis Trudel (animateur), Andrew Barton, John Park et Mike Rimar

Sauf erreur ou changement, cela fait le tour.  Et je n'aurai pas le temps de m'ennuyer.   

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